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Taux hypothécaires sous pression : ce qui change pour les acheteurs et les vendeurs

Par l’équipe REALTA | Analyse du marché immobilier — 28 septembre 2026

Des taux sous pression, un marché qui s’ajuste

Les taux hypothécaires reviennent au cœur des préoccupations. Pour les acheteurs, la question est immédiate : leur budget permettra-t-il toujours d’acquérir la propriété souhaitée? Pour les vendeurs, l’enjeu est tout aussi concret : les acheteurs seront-ils aussi nombreux et capables de payer le prix demandé?

Chez REALTA, notre lecture est la suivante : une remontée des coûts de financement pourrait accentuer le rééquilibrage du marché immobilier déjà amorcé. Ses effets varieront toutefois considérablement selon les quartiers, les catégories de propriétés et les gammes de prix.

 

Pourquoi les taux fixes peuvent monter même si la Banque du Canada attend.

Le 2 septembre, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %. Elle reconnaît des risques inflationnistes plus élevés, tout en soulignant l’incertitude économique. Une prochaine hausse demeure donc une possibilité, et non une décision annoncée.

Les taux hypothécaires fixes, eux, sont fortement influencés par les rendements obligataires et les coûts de financement des prêteurs. Ils peuvent augmenter avant toute intervention de la banque centrale. Les taux variables dépendent davantage du taux préférentiel des institutions financières, lui-même influencé par le taux directeur.

Le rendement de l’obligation canadienne de référence à cinq ans atteignait 3,69 % le 24 septembre. Cette pression obligataire aide à comprendre pourquoi les emprunteurs ne devraient pas attendre la prochaine annonce de la Banque du Canada pour examiner leurs options.

Le contexte international complique la situation : l’énergie et les tensions commerciales alimentent les risques d’inflation, tandis que les droits de douane menacent la croissance. Une économie plus fragile ne garantit donc pas une baisse rapide des taux.

 

Un marché montréalais déjà en rééquilibrage

Les dernières données de l’APCIQ montrent qu’en août, dans la région métropolitaine de Montréal, les ventes résidentielles ont reculé de 13 % par rapport à août 2025. Parallèlement, les inscriptions en vigueur ont augmenté de 18 %.

Ce mouvement n’est toutefois pas uniforme. L’unifamiliale demeure favorable aux vendeurs dans la majorité des secteurs, alors que la copropriété sur l’île de Montréal se rapproche davantage de conditions équilibrées ou favorables aux acheteurs. Les prix médians restent néanmoins supérieurs à ceux de l’an dernier.

Notre analyse : une hausse des taux viendrait renforcer une tendance existante. Les acheteurs auraient davantage de choix, mais une capacité financière plus limitée. C’est cette combinaison qui pourrait rendre les négociations plus exigeantes.

Le premier effet se mesure dans le budget

Prenons un emprunt de 350 000 $, amorti sur 25 ans :

 

Taux hypothécaire       Versement mensuel approximatif

4,50 %                               1 937 $

4,75 %                               1 986 $

5,00 %                               2 036 $

 

Exemple illustratif : capital et intérêts, versements mensuels et capitalisation semestrielle. Taxes, assurances et autres frais exclus. Ces taux ne constituent pas une offre de financement.

Un quart de point représente ici près de 49 $ supplémentaires par mois. Pour un ménage disposant d’une marge confortable, l’écart peut être absorbable. Pour un acheteur déjà près de sa limite, il peut imposer une propriété moins chère ou une mise de fonds supérieure.

À l’échelle du marché, nous anticipons donc d’abord un effet sur les budgets, les décisions d’achat et les délais. Une baisse généralisée des prix ne découle pas automatiquement d’une hausse des taux.

Acheteurs : sécuriser son financement et préserver sa marge

Si votre projet approche, faites actualiser votre préapprobation et vérifiez la possibilité de réserver un taux. Certains prêteurs offrent une garantie pouvant atteindre 120 jours, sous réserve de leurs conditions. Faites préciser sa durée et les modalités permettant de profiter d’un taux inférieur s’il devient disponible.

Surtout, évaluez votre budget avec un taux plus élevé. Votre capacité d’achat doit laisser de la place à l’entretien, aux imprévus et à votre qualité de vie.

Un marché offrant davantage de choix peut permettre de mieux négocier. Mais attendre une baisse des prix n’assure pas une mensualité plus faible si le financement devient plus coûteux entre-temps.

 

Vendeurs : le budget de votre acheteur influence votre résultat

Une hausse des taux concerne aussi les propriétaires qui vendent, même lorsqu’ils n’ont plus d’hypothèque.

Lorsque le financement coûte davantage, une partie du budget de l’acheteur sert à payer plus d’intérêts. Sa marge pour bonifier une offre diminue.

Dans ce contexte, établir son prix uniquement à partir d’une vente réalisée plusieurs mois auparavant devient plus risqué. Il faut aussi considérer les propriétés concurrentes, les ventes récentes et la réaction des acheteurs aux premières visites.

Pour les propriétaires qui vendent afin de racheter, l’analyse doit porter sur l’ensemble du projet : prix de vente, prix d’achat et financement de la différence.

La lecture REALTA

Nous privilégions le scénario d’un marché plus sélectif, avec des écarts croissants entre les propriétés bien positionnées et celles dont le prix dépasse les attentes des acheteurs. L’évolution de l’emploi, des taux et de l’inventaire déterminera l’ampleur de cet ajustement.

La bonne décision commence par une lecture précise de votre situation. Nos courtiers REALTA vous accompagnent pour comparer les propriétés, comprendre votre marché local et coordonner votre stratégie immobilière avec votre professionnel hypothécaire.

 

Vous envisagez d’acheter ou de vendre? Parlons de votre projet et des conditions qui comptent réellement dans votre secteur.